Trente aventuriers du cœur au Maroc

By vincentchaissac

Douze élèves de terminale BEP, huit de terminale bac pro, dix de première année bac pro. Vingt-deux filles, huit garçons. Le lycée de Coubertin a réussi son pari d’emmener au Maroc un groupe de jeunes, dans un esprit de solidarité et de découverte de l’autre.
Préparé pendant plusieurs mois, le voyage auquel ne pouvaient prendre part que des élèves motivés et sérieux, a été un succès, les liens tissés entre les uns et les autres, étant la plus belle des satisfactions. À Safi, les jeunes Calaisiens ont fait la connaissance physique des correspondants avec qui ils entretenaient jusqu’alors des échanges épistolaires. L’occasion d’une immersion dans la famille marocaine le temps d’une journée et de connaître les moments difficiles de la séparation. Certains ont pris l’engagement de se revoir dès cet été. «Nous espérons que cela pourra se faire», dit Martine Lemaire, cheville ouvrière de l’opération.

Deux mille kilomètres parcourus
L’émotion est indéniablement le sentiment général qui a prévalu tout au long du voyage qui s’est déroulé dans tout le sud du pays. Deux mille kilomètres ont été parcourus, de Ouarzazate à Safi, en passant par Merzouga, Taroudant, Marrakech, etc. Chaque jour, le groupe s’arrêtait dans au moins une école pour y déposer une partie des 800 kg de matériels scolaires emmenés. Pour cela un gros travail en amont avait été fait, de manière à ce qu’il n’y ait pas de problèmes administratifs à surmonter au moment du passage en douane. Et chaque participant avait renoncé à 10 kg de bagages personnels pour que le poids autorisé ne soit pas dépassé. Tout a pu être acheminé : les 150 kg de cahiers offerts par Clairefontaine, les 2000 crayons papiers donnés par Bic Conté à Boulogne-sur-Mer, et tout le reste. Cette solidarité scolaire était le fil rouge du périple. «Ce qui a marqué les jeunes, c’est le nombre de kilomètres que les enfants marocains peuvent faire pour aller à l’école, la décoration sommaire des salles de classe».

Une leçon de vie
D’une manière générale, nos jeunes aventuriers du cœur ont pris une leçon de vie. Ils ont maintenant conscience de ce que peut être la pauvreté. «On n’a plus le droit de se plaindre quand on vient à l’école le matin… C’est une chance.» Là-bas ils ont vu les enfants travaillant aux côtés des femmes; ils ont vu les femmes de l’Atlas, parfois très jeunes, portant d’imposants et lourds fagots de bois. L’effet souhaité et espéré par les initiateurs et organisateurs de ce voyage minutieusement orchestré par Fouad El Mohalhil s’est en tout cas produit. Chacun a appris à vivre en groupe et à le respecter, à faire attention à l’autre, à ne pas juger trop hâtivement, à tolérer la différence. Puissent ces voyages se renouveler le plus souvent possible. Notre monde en a bien besoin.

Texte : Philippe Vincent-Chaissac/L’Echo du Pas-de-Calais – Juin 2008

Photos : Lycée de Coubertin/Calais

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Une réponse vers «Trente aventuriers du cœur au Maroc»

  1. Tiznit dit :

    merci pour l’article

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