Au Racing club de Lens, Adil Hermach fait partie des belles satisfactions de la saison. Né à Nîmes où il a fait ses débuts de joueur professionnel, il est arrivé en Artois en 2004 pour jouer avec l’équipe réserve mais avec la ferme intention d’intégrer le groupe professionnel. Ce qu’il a fait en 2006, connaissant les joies de la coupe d’Europe avec un premier match contre les Chypriotes de l’Ethnikos Achnas et un second contre les Grecs du Panathinaïkos d’Athènes. Pour autant, il n’obtient pas la place de titulaire qu’il espérait et la saison suivante, Guy Roux et Jean-Pierre Papin ne lui faisaient pas plus confiance. Du coup Adil Hermach passait de l’autre côté de la frontière, en Belgique, pour porter les couleurs de Roulers, club auquel il était prêté et avec qui il retrouvait du temps de jeu. Dans le même temps, Lens connaissait l’infortune de la relégation en L2 ce qui, finalement, a été une chance pour le joueur marocain qui retrouvait la Gaillette l’été dernier avec la possibilité de s’imposer ; en milieu de terrain où il fait apprécier ses qualités de « ratisseur », alors qu’à la base il est présenté comme défenseur. Blessé à l’automne, et arrêté plusieurs semaines, il a su revenir en forme et a fait figure de pièce maîtresse en cette fin de saison, contribuant ainsi à la remontée du Racing en L1. À de 23 ans, Adil Hermach semble désormais armé pour effectuer une belle carrière. Roger Lemerre, le sélectionneur de l’équipe du Maroc, semble en être convaincu aussi puisqu’il l’a déjà appelé à cinq reprises sous le maillot national.
Adil Hermarch
mai 26, 2009 par vincentchaissacMounir Diane
avril 20, 2009 par vincentchaissac
Mounir Diane promettait beaucoup à Lens mais il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer. C’est pourtant un joueur de talent, un artiste du ballon. Né à Ouleb Abbou, le 16 mai 1982, il est arrivé à Lens en 2003, en provenance de Settat, pour jouer en Ligue 1. Avec 18 matchs à son compteur (et 1 but), plus 5 rencontres en coupe d’Europe de l’UEFA, il paraissait pouvoir s’imposer assez rapidement comme titulaire, en milieu de terrain, en tout cas dans un rôle offensif. L’année 2004-2005 (22 matchs joués) le laissait encore plein d’illusions… Mais contre toute attente, la saison suivante, il était prêté à Bastia. Objectif pour lui : s’aguerrir en Ligue 2. Il a d’ailleurs parfaitement rempli son rôle de joker dans le club corse, avec lequel il a joué à 23 reprises. De retour à Lens, il retrouvait la coupe d’Europe de l’UEFA et surtout la Ligue 1. Du moins le pensait-il. Mais, avec sept matches joués en deux saisons, il était évident qu’il était appelé à être transféré, ce qui a été fait, Mounir Diane jouant actuellement en Belgique, à Mons. Il compte une dizaine de sélections en équipe nationale marocaine.
Notre photo : Mounir Diane, en coupe d’Europe contre le club allemand de Wolfsburg.
Photo Philippe Vincent-Chaissac
Jawad El Hajri
avril 20, 2009 par vincentchaissac
Né le 1er novembre 1979, à Bergerac, Jawad El Hajri a ravi les supporters du club de football de l’US Boulogne – Côte d’Opale où il est arrivé en 2004 en provenance de Cherbourg après avoir joué à Pacy-sur-Eure et Alès. À l’époque Boulogne jouait en championnat de France amateur, et Jawad El Hajri a largement contribué à la montée du club en National, championnat dont il a été sacré meilleur buteur la saison suivante, avec 22 réalisations. Un facteur déterminant dans la montée en Ligue 2 de l’USBCO qu’El Hajri quittait toutefois pour Brest, également en Ligue 2. Actuellement (2009), il évolue sous les couleurs de son ancien club (Pacy-sur-Eure) après avoir également porté les couleurs du Bani Yas Abu Dhabi.
Texte et photo : Philippe Vincent-Chaissac
Dix randonneurs conquis par le Moyen Atlas
avril 20, 2009 par vincentchaissacLacs à foison, forêts de cèdres et de chênes verts, vastes pâturages… un paysage qui invite au repos, loin du bruit. Une immersion totale en pleine nature. Un cheminement ponctué de rencontres ; d’invitations à boire le thé, le lait battu, à partager le pain ou les galettes ; de redécouverte de la simplicité et de l’authenticité.
Les dix membres de l’Ortie (Organisation pour la randonnée, le trekking, l’itinérance et les échanges) partis randonner du côté de Kenifra, dans le Moyen Atlas (5 au 12 avril 2009), ne s’attendaient certainement pas à de telles sensations. Il est vrai que Mustapha, le guide, Hassan le cuisinier, et toute l’équipe de muletiers, qui accompagnaient le groupe, ont largement contribué à transformer ce séjour en souvenir indélébile. Qui pourra oublier l’accueil au son des tambourins au bivouac du soir ? Les repas préparés avec tant de délicatesse ?
Pas très exigeant sur le plan physique, facile sur le plan technique même s’il a fallu ici ou là passer sur une large planche de cèdre lancé de part et d’autre des rives d’un torrent, le circuit est tellement bien que l’on n’arrive pas très bien à comprendre pourquoi les Voyagistes spécialistes de la destination Maroc, ne l’inscrivent pas plus souvent à leur catalogue. Il paraît que l’appel du sud et des hauts sommets est plus fort que tout…
Evidemment les membres de l’Ortie ne s’en sont pas plaints… Eux qui étaient partis pour connaître le dépaysement ont été servis, puisqu’ils ont croisé en tout et pour tout, un groupe d’Isérois. Le reste du temps, ils n’ont côtoyé que des femmes heureuses de se voir offrir quelques vêtements pour leurs enfants qui aiment toujours autant les bonbons et les stylos ; des Berbères qui travaillent encore la terre avec l’araire en bois, peu habitués à rencontrer des randonneurs. Tellement vrai que même le gendarme de montagne venu s’enquérir de notre présence en ne voyant pas de véhicule à l’orée de la forêt, n’en croyait pas ses oreilles lorsque Mustapha lui a dit que nous étions-là pour marcher durant cinq jours…
Cinq jours qui ont paru bien courts aux plus aguerris, tant il y avait de choses à découvrir, à admirer. Les craintives grenouilles qui s’égosillaient chaque fois que nous étions sur la rive d’un lac, les effrontés mais prudents singes Magot venus à notre rencontre pour nous regarder dans les yeux, les lentes tortues terrestres surprises dans leur bain de soleil et les plongeuses tortues d’eau bien difficiles à approcher.
La grande crainte dans ce genre de voyage est que la pluie se mette de la partie d’une façon durable. Fort heureusement ça n’a pas été le cas, le soleil pouvant être généreux en journée pour laisser le froid s’installer dès qu’il disparaissait derrière la montagne. Bienvenue alors au feu de camp, avant que chacun ne retrouve pour la nuit un duvet dont il a pu mesurer le degré de performance, alors qu’au petit matin, le givre se déposait sur les toiles de tentes.
Le trek en lui-même s’est inscrit en contraste saisissant avec le passage à Casablanca, mégalopole où la Grande Mosquée qui vaut le détour, s’inscrit en opposition visuelle avec les bidonvilles et la décharge fréquentée par les hommes et les vaches qui fouillent les détritus ; impression de grande pauvreté qui se dégage du trajet aéroport – centre ville. Contraste aussi avec Fès, grande et belle ville, capitale artisanale du royaume, dont la grouillante médina aux ruelles entremêlées, recèle de trésors qu’il faut découvrir en se donnant le temps de l’observation et de l’écoute.
Pour les randonneurs de l’Ortie qui ont pris l’habitude de marcher chaque année au Maroc, ce voyage était l’occasion d’emmener avec eux quelques « découvreurs ». Tous sont rentrés conquis par ce pays et ses habitants riches de leurs qualités d’accueil envers ceux pour qui le plaisir du partage, fut-il fugace, vaut tout l’or du monde.
Philippe Vincent-Chaissac
Yann Chatelin : de Calais à Mohammedia
novembre 26, 2008 par vincentchaissacYann Chatelin a quitté Calais pour Mohammédia, sur la côte atlantique du Maroc. Et rien, aujourd’hui, ne le pousse à rentrer en France. La vie, là-bas, est tout autre : «on ne fait pas une montagne avec tout. Les valeurs sont bien plus humaines qu’en France».
Le cheminement de Yann Chatelin est assez atypique… Avec des parents qui travaillent dans l’enseignement, il aurait normalement dû se mettre sur le chemin des longues et brillantes études. Mais ça n’était pas son truc : trop carré, trop aseptysé, trop formaté, pour un jeune homme qui a visiblement toujours voulu rester proche de l’élément, la mer, et respirer la liberté d’agir et de créer.
Graph sauvage
«Avec le recul, ça n’a certainement pas été évident à vivre pour mes parents», confesse-t-il. Mais il ne regrette pas d’avoir pris les chemins de traverse pour s’exprimer et vivre sa vie.
Sorti du cadre scolaire vécu comme un carquant, Yann Chatelin s’est laché en faisant du graph, le vrai, celui de l’expression artistique sauvage, souvent décriée alors qu’elle met de la couleur et de la vie, là où tout n’est que grisaille et uniformité. Avec toujours prêt de lui, la mer, les vagues qu’il tutoie le plus possible sur sa planche de surf.
Une vie de bohème en somme qu’il est difficile d’assumer dans une société qui a néanmoins fini par l’apprivoiser sans jamais le dominer.
En devenant moniteur de voile à Merlimont, il a certainement pu donner l’impression de rentrer dans le rang mais l’appel du grand air s’est vite fait ressentir. Partir. Loin. Où ?
Génial pour surfer
«Lorsque la Fédération française de voile a passé une annonce pour un poste de voile au Maroc, j’ai immédiatement répondu. J’ai passé un entretien à Casablanca en juin 2005. Dix jours après, c’était d’accord. Le 5 septembre j’étais au Maroc». Mission : encadrer les enfants des écoles françaises du Maroc (Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Fès, Meknès), 70% de Marocains, 20 % de Français, 10 % d’autres nationalités, qui vont en classe de mer à Mohammédia, ville côtière au nord de Casablanca. «Un endroit génial pour surfer…»
Un pas à faire
Content de partir… Inquiet d’arriver. «J’avais pas mal d’appréhension, poursuit Yann Chatelin, je ne connaissais personne, la culture est complètement différente. Mais à 24 ans, j’avais un pas à faire». Le surf lui a permis de rapidement s’ouvrir des portes, de rencontrer beaucoup de monde, et de s’intégrer. Dans un pays où l’intégrisme serait en train de monter, Yann Chatelin, lui, s’y sens plus libre que chez nous. «J’essaie de m’éloigner du microcosme français… Tous mes amis, sauf trois (très proches), sont marocains.
Première expo à Casablanca
Visiblement Yann Chatelin a trouvé son équilibre loin, au point de convergence des cultures française et marocaine qui font aujourd’hui l’originalité de sa peinture. Car l’artiste a depuis son arrivée au Maroc, beaucoup travaillé son expression artiste, faisant définitivement entrer ses graphs dans le cadre de toiles où la calligraphie et les lignes architecturales arabes ont trouvé leur place, en bleu, et progressivement en rouge. Première exposition à Casablanca en 2007 : Yann Chatelin s’ouvre de nouveaux horizons dans un domaine qui, au Maroc, reste à défricher et qui ne concerne pour l’instant que les milieux aisés. Et comme il reste en quête de liberté, il s’adonne au light graph, Alexandre Dupeyron, un ami photographe originaire de Bordeaux. Les deux artistes nourrissent une belle complicité puisqu’ils devraient exposer ensemble… au Maroc.
Philippe Vincent-Chaissac
Avril 1917 : la Division marocaine à Vimy
novembre 20, 2008 par vincentchaissac
Pour l’immense majorité des habitants du Pas-de-Calais, le nom de Vimy est intimement lié au Canada depuis la bataille d’avril 1917… Le mémorial canadien s’étale dans tous les livres d’histoire, de tourisme… Incontournable. Vimy, ce n’est même plus la France… c’est le Canada. Aussi le monument marocain qui aurait été restauré il y a quelques années aux frais du roi du Maroc, passe (presque) inaperçu. Pose même question… La raison de sa présence est somme toute facile à trouver : la crête de Vimy, fortifiée et tenue par les Allemands depuis 1914, était convoitée depuis longtemps par la France, pour sa position stratégique, au même titre que la colline Notre-Dame-de-Lorette. En 1915, dans le secteur de Souchez, les armées française et allemande se font face, enterrées dans des lignes de tranchées successives. La France s’entête à vouloir reprendre Lorette malgré une artillerie déficiente et veut percer le front. Cette fois, elle se fixe la crête de Vimy comme objectif, bien qu’il n’apparaisse pas très réaliste. Le 9 mai, la Division marocaine passe à l’attaque, droit devant elle. Contre toute attente, elle franchit les quatre lignes de tranchées allemandes successives et arrive sur la crête, une heure et demie plus tard. Même si les pertes sont importantes, le succès est indéniable, incroyable même. Tellement incroyable que les renforts qui auraient dû suivre pour nettoyer le secteur, ne sont pas là. Pas prêts. Trop loin pour réagir rapidement.Alors, il faut tenir la position, jusqu’à la dernière limite. Pierre Miquel écrit dans La Butte sanglante : «Ils ont eu tort d’être vainqueurs, ceux de la Marocaine. Il est question désormais de minimiser leur exploit […] puisque l’on n’a pas les moyens de soutenir ce qui est fait ». La division marocaine est alors considérée comme un point de fixation des tirs ennemis… Ce qui revient à dire qu’elle est sacrifiée. Ce que le mémorial de la Division marocaine commémore… Sauf que pour le sociologue Abdelmoula Souidia : « c’est un faux », dans le sens, où il laisse penser qu’il honore la mémoire de soldats marocains… Or, il n’y en avait pas dans la Division marocaine… Elle est appelée ainsi parce qu’elle est rentrée du Maroc, en août 1914… Réorganisée, elle comptait des unités d’origines diverses. Dans le cas de la conquête de la crête de Vimy, il s’agit de tirailleurs algériens, recrutés en Algérie ou en Tunisie, et de légionnaires, volontaires américains, polonais, tchèques, étrangers de tout poil, suédois, ou suisses comme Blaise Cendrars…
Philippe Vincent-Chaissac
Photo : le mémorial marocain tel qu’il est aujourd’hui.
Grande guerre : où sont les Marocains ?
novembre 10, 2008 par vincentchaissacCertes il n’y avait pas de Marocains dans la Division marocain partie à l’assaut de la crête de Vimy en 1917… Mais il y avait bien des soldats marocains engagés sur le front de l’Artois. La présence du 1er régiment de marche de tirailleurs marocains est attestée en mai-juin 1915 du côté de Angres et Aix-Noulette. Le passage de régiments de marche de spahis marocains est également connu, à Arras, Hesdin. Abdelmoula Souidia, lui, parle du caïd-mia (lieutenant) Brick Ben Kaddour, l’un des rares officiers marocains, qui a participé à la défense de Béthune, tué à Radinghem-en-Weppes et de l’un de ses amis Abbas ben M’Hamed, tué à Richebourg en 1914. Mais, excepté si l’on connaît parfaitement l’histoire des régiments, il est bien difficile de s’y retrouver car il n’y a pas de cimetières marocains, algériens ou tunisiens… « Seulement » des carrés musulmans, à Lorette, bien sûr, à La Targette également où les tombes musulmanes de 39-45 sont plus nombreuses que pour celles de 14-18. D’où cette question : où sont passés les Marocains ? Un peu partout, dans les cimetières de la région, au hasard des regroupements de corps. Sachant qu’ils furent plus de 30 000 (37 000 selon Pierre Miquel), à avoir quitter leur pays pour combattre aux côtés des soldats français ?
Philippe Vincent-Chaissac
Amel Bent, à Bruay-la-Buissière le 6 décembre
juin 11, 2008 par vincentchaissacAmel Bent, de son vrai nom Amel Bentbachir, née d’un père algérien et d’une mère marocaine, a participé à l’édition 2004 de la Nouvelle Star qui l’a révélée. Eliminée par Steeve Estatof, le Kurt Cobain français,elle est la grande gagnante de l’émission dans le cœur du public. Sa popularité lui vaut d’enregistrer, à 19 ans, son premier album, Un Jour d’été. Grâce à la collaboration de Diam’s, l’album devient disque d’or en quelques semaines, faisant d’Amel la révélation soul R’n’B de l’année. On retiendra notamment le titre Ma Philosophie, encore sur toutes les lèvres. Cette réussite a été suivie des singles Ne Retiens pas tes larmes et Le Droit à l’erreur, en 2005, puis Eye Of The Tiger, reprise de Survivor, en 2006.
Amel revient dans les bacs le 18 juin 2007 avec un second album intitulé A 20 ans. Pascal Obispo, Charles Aznavour, Lionel Florence et Diam’s, sont de la partie. L’ex élève de l’émission La Nouvelle star prouve désormais qu’elle a fait son chemin. Elle fait partie des chanteurs bien installés dans le paysage musical français avec des textes qu’elle écrit elle-même comme “Nouveaux Français” samplé sur “La Marseillaise”, l’hymne des révolutionnaires et pas des racistes, déclare-t-elle en substance au magazine Le Courrier de l’Atlas. Une chanson écrite parce qu’elle a réalisé “que ce n’est qu’avec de l’argent que tu arrives à faire oublier des origines [...] car le regard des gens ne change pas, une Arable reste une Arabe”.
Interview à lire dans Le Courrier de l’Atlas de Juillet-Août 2007.
Amel Bent sera à l’espace Grossemy à Bruay-la-Buissière, le 6 décembre (22h – 20 €).
Trente aventuriers du cœur au Maroc
mai 16, 2008 par vincentchaissacDouze élèves de terminale BEP, huit de terminale bac pro, dix de première année bac pro. Vingt-deux filles, huit garçons. Le lycée de Coubertin a réussi son pari d’emmener au Maroc un groupe de jeunes, dans un esprit de solidarité et de découverte de l’autre.
Préparé pendant plusieurs mois, le voyage auquel ne pouvaient prendre part que des élèves motivés et sérieux, a été un succès, les liens tissés entre les uns et les autres, étant la plus belle des satisfactions. À Safi, les jeunes Calaisiens ont fait la connaissance physique des correspondants avec qui ils entretenaient jusqu’alors des échanges épistolaires. L’occasion d’une immersion dans la famille marocaine le temps d’une journée et de connaître les moments difficiles de la séparation. Certains ont pris l’engagement de se revoir dès cet été. «Nous espérons que cela pourra se faire», dit Martine Lemaire, cheville ouvrière de l’opération.
Deux mille kilomètres parcourus
L’émotion est indéniablement le sentiment général qui a prévalu tout au long du voyage qui s’est déroulé dans tout le sud du pays. Deux mille kilomètres ont été parcourus, de Ouarzazate à Safi, en passant par Merzouga, Taroudant, Marrakech, etc. Chaque jour, le groupe s’arrêtait dans au moins une école pour y déposer une partie des 800 kg de matériels scolaires emmenés. Pour cela un gros travail en amont avait été fait, de manière à ce qu’il n’y ait pas de problèmes administratifs à surmonter au moment du passage en douane. Et chaque participant avait renoncé à 10 kg de bagages personnels pour que le poids autorisé ne soit pas dépassé. Tout a pu être acheminé : les 150 kg de cahiers offerts par Clairefontaine, les 2000 crayons papiers donnés par Bic Conté à Boulogne-sur-Mer, et tout le reste. Cette solidarité scolaire était le fil rouge du périple. «Ce qui a marqué les jeunes, c’est le nombre de kilomètres que les enfants marocains peuvent faire pour aller à l’école, la décoration sommaire des salles de classe».
Une leçon de vie
D’une manière générale, nos jeunes aventuriers du cœur ont pris une leçon de vie. Ils ont maintenant conscience de ce que peut être la pauvreté. «On n’a plus le droit de se plaindre quand on vient à l’école le matin… C’est une chance.» Là-bas ils ont vu les enfants travaillant aux côtés des femmes; ils ont vu les femmes de l’Atlas, parfois très jeunes, portant d’imposants et lourds fagots de bois. L’effet souhaité et espéré par les initiateurs et organisateurs de ce voyage minutieusement orchestré par Fouad El Mohalhil s’est en tout cas produit. Chacun a appris à vivre en groupe et à le respecter, à faire attention à l’autre, à ne pas juger trop hâtivement, à tolérer la différence. Puissent ces voyages se renouveler le plus souvent possible. Notre monde en a bien besoin.
Texte : Philippe Vincent-Chaissac/L’Echo du Pas-de-Calais – Juin 2008
Photos : Lycée de Coubertin/Calais
Alain Debray, de Grenay au Maroc
mai 16, 2008 par vincentchaissac
Né en 1942 à Grenay, « au pied des deux grands terrils de Loos-en-Gohelle», à l’âge de huit ans, Alain Debray suit ses parents au Maroc, son père, mineur, ayant choisi d’aller travailler dans les mines de Zellidja-Boubeker. Un demi-siècle plus tard, il est retourné dans le petit village marocain, au pied du Djebel Ayachi ; une fois seul, une autre avec son épouse. « C’est le bout du monde ! Rien à voir avec le Maroc des agences de voyage… » Le couple fut impressionné par l’accueil, la gentillesse des habitants. Des tonnes de souvenirs remontaient à la surface en découvrant les installations abandonnées, l’ancienne maison familiale, la piscine! Une cohabitation parfaite entre autochtones et Européens.
Son « histoire » et ses passions méritent d’être dévoilées parce qu’elles sont une grande leçon de tolérance, d’humanisme, de respect.
Un article de Christian Defrance à lire sur echo62.com
Notre photo : Ce qui restait des mines d’Aouli en 2006. Photo AD.





